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Les villes ressemblent à un amas de ferraille rouillée, les architectes n'ont plus goût à travailler. Les nuages gris qui nous privent à moitié des rayons du soleil ? Ce n'est pas de l'eau, chéri, c'est de la pollution. Le pétrole n'existe plus. La verdure et les pigeons des parcs publics ne sont plus qu'un lointain souvenir. La personne sensée devient une espèce de plus en plus rare. A présent, c'est le baby boom de l'homme paumé. La société est en décadence. Les plus âgés ont oublié le bon vieux temps. Les plus jeunes ne savent même pas que le bon vieux temps a existé un jour.
L'être humain perd la boule, oui messieurs-dame. La nouvelle génération est la première à en faire les frais. Les gens ne réfléchissent plus, ils épousent et divorcent à tout bout de champ. Les recompositions de familles se mutiplient, ainsi que les décès, les naissances accidentelles, les abandons, les galères, les suicides. Résultat ? Des ribambelles d'orphelins ou d'ados perdus parmi le tourbillon sans fond d'un monde sans lendemain. Selon les récentes statistiques, neuf jeunes sur dix tournent mal. Délinquance, dépression, toxicomanie, pathologies diverses ; seuls les plus forts et les plus aisés parviennent à vaincre la folie qui guette chacun. Et encore. On ne sait jamais.
Red Fly Center, surnommé également " Badass generation City ", est un quartier bâti à l'Ouest de l'Amérique du nord, financé par les Etats-Unis et dirigé par la Red Fly Operation, consistant à freiner la dérive. Il accueille chaque année tous les jeunes entre 12 et 25 ans - âge au delà duquel les cas sont considérés comme désespérés - que les forces de l'ordre peuvent croiser sur leur chemin. En mauvais état psychologique ou pas, aucun n'y échappe. Si bien que certains ne voient pas d'autres choix que de s'enfuir ou se cloîtrer, clandestins, dans des sous-sols ou des habitations abandonnées, afin d'éviter le ratissage permanent. Au Red Fly Center, des psychiatres incompétents, aussi fous que leurs patients, et des flics. Des internats, des hôpitaux, un centre ville plus que normal. C'est à dire pouilleux. Nul ne sait quel traitement est infligés aux détenus. Des rumeurs racontent que certains servent de cobayes à des expériences psychiatriques...
S'enfuir ? C'est facile, il te suffit d'enfiler la lanière de ton sac et de partir.
Mais n'oublie pas qu'à l'arrivée, on t'a implanté une puce GPS dans le bras. Où que tu ailles, ils sauront où tu es et te rapatrieront dans les jours qui suivent.
A moins de te couper jusqu'à l'os, sans anesthésie, pour retirer ce maudit appareil, ne te fasse pas peur...